Les forêts du Gabon
Les produits forestiers jouent un rôle crucial dans de nombreux pays et constituent une ressource importante. Au Gabon, ces produits ouvrent la voie à un avenir nouveau pour ce pays qui voit sa production pétrolière décliner et doit trouver d'autres sources d'investissement et de ressources.
Les lecteurs de NP savent que chez Nature’s Packaging, nous soutenons l’utilisation de bois issu de forêts gérées de manière durable. Le bois est un matériau aux multiples facettes, utilisé aussi bien dans la construction (bois massif) que dans la fabrication de meubles, de palettes et de caisses en bois.
Le gouvernement de ce petit pays africain est conscient que ses forêts constituent une opportunité d'ouvrir de nouveaux marchés et de créer des emplois pour ses citoyens.
Rejoignez Nature’s Packaging pour découvrir comment le pays s'efforce de trouver un équilibre entre son besoin de nouvelles recettes et la gestion durable de ses vastes ressources forestières.
L'Éden de l'Afrique
Surnommé « l’Éden de l’Afrique », le Gabon est un pays riche en forêts (qui couvrent environ 90 % de son territoire) et abrite l’un des plus grands troupeaux d’éléphants au monde. Depuis des décennies, cependant, son économie repose sur la production pétrolière. À différentes époques de son histoire, ce secteur a permis de protéger l’économie du pays des fluctuations majeures liées aux difficultés économiques générales de l’Afrique.
Cependant, alors que ses réserves de pétrole estimées commencent à s'épuiser, le gouvernement s'est tourné vers ses forêts pour opérer la transition d'une économie reposant principalement sur le pétrole vers une économie diversifiée fondée sur les produits forestiers. Le défi consiste à trouver un équilibre entre la nécessité d'exploiter ces ressources, la préservation de ses précieuses forêts et les effets du changement climatique observés à l'échelle mondiale.
Pour préserver cet équilibre, les autorités gabonaises ont mis en place des règles strictes en matière d'exploitation forestière, qui permettent à la plupart des arbres de rester sur pied et de devenir du bois de forêt ancienne. En effet, ces règles strictes limitent l'abattage à deux arbres par hectare tous les 25 ans. De plus, pour lutter contre l'exploitation forestière illégale, elles ont mis au point un programme permettant de suivre les grumes grâce à des codes-barres.
Autrefois, le Gabon exportait la majeure partie de son bois brut vers d'autres pays afin qu'ils le transforment. Cette situation a changé suite à l'adoption d'une législation gouvernementale interdisant la vente directe de matières premières à l'étranger (la France était un client important). Aujourd'hui, le gouvernement s'efforce de créer des zones économiques industrielles offrant des allègements fiscaux et d'autres mesures incitatives afin d'encourager les entreprises à construire des usines et des installations leur permettant de fabriquer elles-mêmes des produits forestiers finis. Parmi celles-ci, on peut citer :
- Mobilier
- Produits en contreplaqué
- Placages issus d'essences exotiques
Afin d'évaluer les terres forestières intérieures et de s'orienter vers une gestion durable d'une zone aussi vaste, les autorités gabonaises ont mis en place une station de recherche par satellite pour surveiller et constituer une base de données sur les zones les plus dégradées par l'activité industrielle. Cela a directement conduit à une diminution de l'exploitation forestière illégale et de la déforestation en général. Certaines des zones auparavant dégradées ont ensuite été réaffectées à des activités agricoles plus industrielles, comme la culture de l'huile de palme.
Ces mesures de conservation et cette gestion active et durable ont également permis un essor de la population d'éléphants. Dans les années 1990, la population d'éléphants au Gabon s'élevait à environ 60 000 individus. Aujourd'hui, elle dépasse les 95 000 individus. On dit souvent que les éléphants sont le signe d'une forêt florissante, et il ne fait aucun doute que les éléphants du Gabon se portent à merveille.
Le Gabon et les produits forestiers
Grâce à l'essor de son secteur du placage, le Gabon est devenu le premier producteur de placages exotiques d'Afrique. La richesse de ses ressources en bois exotiques en a fait un matériau très prisé pour la fabrication de meubles haut de gamme et de produits dérivés du bois. Le pays développe par ailleurs activement son secteur de la fabrication de contreplaqué en créant des zones économiques spéciales stratégiquement situées à proximité des ressources et des populations en quête d'emploi.
L'industrie du bois au Gabon représente plus de 30 000 emplois, et ce chiffre devrait augmenter à mesure que les travailleurs des secteurs pétrolier et gazier se réorientent vers des emplois liés à la forêt. Ces 30 000 emplois représentent déjà environ 7 % de la main-d'œuvre totale disponible.
Le Gabon et le carbone
En tant que deuxième plus grand réservoir de carbone séquestré par les zones forestières (l'Amazonie étant le premier), le marché mondial des crédits carbone, en plein essor, a ouvert de nouvelles perspectives au Gabon pour tirer profit de la séquestration naturelle du carbone par ses forêts sur le marché du carbone. Le pays a sollicité et obtenu des certifications de compensation carbone délivrées par des auditeurs indépendants.
Cette décision n'a toutefois pas été sans susciter la controverse, les autorités gabonaises ayant choisi de revoir leur méthode de calcul des crédits et ayant depuis multiplié par quatre le volume de leurs crédits carbone disponibles, qui s'élève désormais à plusieurs dizaines de millions de dollars. On craint que le marché ne soit inondé de ces crédits, ce qui ferait baisser les prix de manière générale et remettrait en cause la validité même de ces crédits. Les responsables gouvernementaux ont présenté cette initiative comme un modèle permettant de tirer parti des nouveaux marchés pour financer la conservation de leurs terres forestières.
Si l'histoire du Gabon en matière de produits forestiers en tant que ressource continue de s'écrire au fil du temps, le modèle qu'il a proposé à d'autres pays africains a incité ces derniers à exploiter ce type de ressources là où elles sont disponibles. La question est toutefois de savoir si ces autres pays respecteront les principes de gestion durable des terres forestières tout en répondant aux besoins en matière d'opportunités économiques. Seul l'avenir nous le dira.








